La sur-humanisation du travail et les valeurs professionnelles selon Danièle Linhart

Il me semble important de rappeler certains fondamentaux du travail en cette période où nous rencontrons parfois beaucoup de souffrance au travail.

L’analyse de la sociologue Danièle Linhart a ceci d’original qu’elle met l’accent sur la sur-humanisation du travail : les qualités humaines des salariés sont encensées au détriment de leur métier, qui représente pourtant une valeur essentielle.

« Le drame du travail contemporain ne vient pas, paradoxalement, de ce qu’il est déshumanisant, mais au contraire du fait qu’il joue sur les aspects les plus profondément humains des individus, au lieu de s’adresser aux registres professionnels qui permettent d’établir une délimitation entre ce que ces individus engagent au travail et ce qu’ils sont. […] S’il y a bien un don de soi, un engagement personnel dans le travail, il ne peut s’opérer que dans un cadre bordé par des normes introduisant des limites et des garanties.

Le travail salarié ou marchand est une affaire de professionnels. Il s’accompagne, de savoirs, savoir-faire, d’expérience, de métier, de valeurs professionnelles reconnus, lesquels sont là pour guider, protéger les personnes au travail. Ce sont des ressources qui permettent aux individus d’affronter le travail, et qui les rattachent aux autres ; ils n’ont pas à se confronter solitairement à des défis personnels, mais peuvent mobiliser des capacités, des compétences qui renvoient à une réalité collective. Détenir un métier, des connaissances validées, permet de ne pas mettre sa personne en danger à chaque instant dans son travail, de ne pas avoir à puiser sans cesse dans ses ressources les plus intimes.»

A l’instar de l’analyse de Danièle Linhart, je suis convaincue que la sur-humanisation du travail peut conduire à du mal-être quand surgissent des difficultés.

En cas de surinvestissement au travail, nous serons plus facilement ébranlés lorsque la mécanique déraille, quand nos relations professionnelles se compliquent, si nos compétences de savoir-être ne sont pas au niveau attendu…

Suivre un coaching est un moyen de rétablir l’équilibre en redonnant un sens profond à son métier.

Cela passe par la reconnaissance de son savoir-faire, de ses propres compétences.

Le coaching permet de retrouver de l’estime de soi.


Source : Linhart D. (2015 p. 11) - La comédie humaine du travail, de la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale. Toulouse : Erès


Photo GordanD, Istock


























47 vues